Son cul sur la commode

je viens de terminer ce chef-d’ouvre de l’ami Delfeil. Eh bien, c’est un chef-d’œuvre! Et qu’est-ce que je me suis poilé! Quand on lit ce bouquin, on se demande vraiment pourquoi on s’emmerderait à se farcir Catherine Millet et ses histoires de culs malpropres. ici, tout est impeccablement troussé, et les trou de balles sont reluisants!

Achetez-le, et que ça saute!!!!

 

 

11 12 13 14 avril à Metz

Je serai présent (en coulisses) à Littérature et Journalisme.

J’accompagnerai les auteurs de Fluide Glacial dédicaçants sur le stand du Carré des Bulles et notamment mon ami Bruno Léandri dont je vous recommande le dernier roman auto-biographique “on enterre bien les Dinky Toys” (magnifique!). J’animerai un “apéro” public avec Bruno le dimanche 14. Par ailleurs, je serai présent jeudi 11 au vernissage de Traits d’Esprit, une expo sur l’humour juif que j’ai montée avec mes étudiants de l’ESAL ainsi qu’avec les dessinateurs de l’apéro graphique du Carré des Bulles.

Oui, c’est vrai… Ça fait beaucoup d’apéros.

Ça m’apprendra à voter socialiste.

Menteur, voleur, et en plus… cynique.

Il faudra m’expliquer comment Hollande ignorait ce que tout le monde savait :

http://fabrice-nicolino.com/index.php

Ce mois-ci dans Fluide Glacial

Les Riches!

Avec cette superbe couv de Charles Berberian! 

Copinage avec l’excellent Nicolas Pinet

Didiche

Quarante-quatre ans après le premier cri jailli d’un petit visage fripé et bleu de Schtroumph, il est tombé, sans pouvoir même en pousser un dernier, sans doute, sans même un murmure, dans une rue grise de verglas aux abords d’un parc, le crâne embrasé, le cerveau effacé sous l’impact d’un projectile infâme tiré au hasard par une sorte de snipper interne qu’on appelle «rupture d’anévrisme». Rupture d’anévrisme « cataclysmique », d’après les termes du médecin qui a reçu son corps mort au bloc de l’hôpital.

Il s’appelait Dylan. Pierre-Dylan très exactement, mais il n’aimait pas trop cette composition, préférait tout simplement Dylan. En raison même probablement de l’étrangeté qui pouvait résulter, pour un petit, tout petit garçon, de cette appellation composée, Dylan s’est très vite transformé en « Didiche ». Il préférait davantage, encore.

Il a poussé grandement en taille, en cheveux et en barbe pour devenir cet homme aujourd’hui abattu. Comme d’autres qui tombent, qui sont tombés, qui sont appelés très normalement et très horriblement à tomber dans l’injustice inéluctable de la mort. Pas tout à fait comme d’autres, pourtant, non. Car celui-là était mon fils.

Un homme droit debout dans ses bottes, que je me suis mises aux pieds, moi qui en toute logique (mais quelle logique ?) aurait dû m’éloigner bien avant lui. Un homme droit tout simplement, dont le regard de grand calme et de grande tendresse ordinaires pouvait pourtant fulgurer en colères de révoltes contre les mille agressions des alentours ordinaires.

Il avait la droiture, la générosité, ce regard d’une finesse acérée et terriblement juste sur les autres. Il avait le talent. Il avait la musique des autres avant d’en jouer la sienne. Il avait le dessin, c’était (non pas devenu), mais viscéralement) un artiste et je suis chaleureusement admiratif de ce qu’il faisait du bout de son pinceau ou de son crayon graphique. Un homme que j’étais fier de savoir exister. Fier. Très fier.

Un homme de qui des centaines connaissaient et avaient appris et rencontré la chaleur et l’humour dingo. Réalisateur et scénariste capable de produire un film intitulé « La nuit de l’invasion des nains venus de l’espace »…

Il donnait, en plus de cela, des cours de monstres dans une MJC nancéienne. Il avait réalisé une encyclopédie des films hautement improbables et introuvables… plus de 150 ! C’est dire.

Il est tombé, et le snipper interne clandestin ne savait certainement pas l’étendue des dégâts causés par sa chute. Ne savait pas qu’avec lui une bonne partie du monde s’écroulait.

Restent de lui des souvenirs à hurler – de rire, bien entendu – des souvenirs de bonheur, de chaleur… de bien-être, de bien vivre, de complicité en silence, de soleil partagés. C’est bien beau les souvenirs, comme si ça suffisait…

« Ne pleure pas celui que tu as perdu, réjouis-toi de l’avoir connu », a dit quelqu’un.

Sans aucun doute. Ce qui ne reconstruira pas, malgré tout, le monde.

Ma fierté d’avoir connu cet homme est immense. Pour couronner le tout, mon fils !

Didiche.

Didiche, rien que pour sa maman et moi, d’abord. Pour tellement d’autres ensuite. Tellement d’abandonnés à trois pas derrière lui sur le bord de la route.

Didiche, mon gamin, hé-ho ! Putain ! Fais-nous une farce, une énorme, une gigantesque, une que personne avant toi n’a eu l’idée de réaliser, celle-là, ni n’en a eu la capacité. Reviens ! Allez, quoi, bordel de dieu, s’il te plaît, reviens… J’attends.

 

 

Pierre Pelot

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