Cette semaine, je prends le TGV pour Paris. Dans le Wagon “restaurant”, 3 faces de pet parlent entre eux. Deux encravattés costards trop courts, qu’on leur voit les soquettes, et une jument boudinée dans un tailleur bas de gamme. Un des trous du cul s’adresse aux deux autres emplâtres sur le ton de la confidence : “c’est le moment d’acheter du Mittal”.
Ça me fait penser à un dessin de Reiser. Une voiture est encastrée contre un arbre. Les occupants sont morts. Un petit nounours gît sur la chaussée au milieu des flaques de sang et de carburant, et là… Un con de chien tout hilare vient l’enculer.
Des types sont en train de se battre désespérément pour sauver leur peau à 10 km de chez toi. Ils ferraillent pour faire vivre une usine qui tourne, ils luttent contre la logique inique ultra-libérale. La presse, la télé en parlent à longueur de journée. Et toi, pauvre merde à chevalière, à binocles Lacoste et à mocassins à pompons, qu’est-ce que tu en conclues? “Il faut acheter des actions, ça va grimper”.
Enculé!
